Les Parias: Chapitre I, Départ (4eme partie)

Quelques semaines plus tard une commémoration fut organisée en l’honneur des victimes de l’attaque ofitane. Dans la suite de Prishka qui était devenue le point de rendez vous des Parias survivants, quatre pilotes attendaient Tawara. Ils avaient revêtu des uniformes noir et argent récemment confectionnés pour remplacer ceux perdus durant l’attaque. ‘’ Jamais elle peut arriver à l’heure, s’impatienta Jack.’’ Il avait bien boudé quelques jours après sa punition mais sa bonne humeur était vite revenue. Sean allait lui répondre quand Tawa entra dans la pièce. C’est Prishka qui remarqua la première qu’elle venait de passer chez le coiffeur où elle avait fait raviver les mèches rouges sombres disséminées dans ses longs cheveux bruns, de plus elle avait fait enrubanner quatre ou cinq autres mèches par du tissus de la même couleur. ‘’Comment peux tu aller chez le coiffeur dans un moment pareil ! lui reprocha Isatis de sa voix la plus glaciale. 

_ Ne te fâche pas, répondit l’intéressée, c’est juste que la dernière fois que je me suis coiffée comme ça Dan avait trouvé ça joli. Je me suis dit que ça lui aurait fait plaisir… 

_ Oh d’accord, excuse-moi. Je ne savais pas. 

_ Ce n’est pas grave. Il reste combien de temps avant la cérémonie ? 

_ On devrait déjà être parti, grommela Sean.’’

 

Les cinq pilotes étaient seuls dans la rame de TCS qui les menait dans la zone administrative. Ils se rendaient à la cérémonie en l’honneur des victimes. Seule la lancinante musique d’ambiance troublait le silence, les pilotes semblaient perdus dans leurs pensées, le regard dans le vague ou triturant les accessoires au brillant trop neuf de leurs uniformes. Les équipes d’entretien de la station avaient fait des miracles pour effacer les traces de l’attaque, mais la rame portait encore les stigmate dela Grande Agression : des taches brunâtres de sang sur les sièges, une odeur de fumée persistante alors que les cris et gémissements des victimes ressurgissaient dans l’esprit des pilotes qui avaient évacué les victimes. Lorsque la voix mécanique annonça la zone administrative, les pilotes sortirent la tête basse tu tram. Quand les portes de la station s’ouvrirent, les Parias furent ébahis par la foule qui se pressait sur la place principale. L’estrade où se tenait l’administrateur de la station avait été élevée sur le perron du bâtiment d’Anton & Wisagi. Dans un angle, un petit groupe d’Ofitan s’était réuni, de nombreux membres des forces de l’ordre les encadraient pour éviter tout débordement. Apparemment l’administrateur avait réussi à convaincre le Capitaine Makley de déployer ses hommes se dit Mikaël. Les pilotes se frayèrent un chemin dans la foule pour rejoindre le petit groupe sombre des militaires de la flotte. Bien peu s’étaient présentés au Régence, beaucoup des survivants ne s’étaient pas fait connaître. Il ne pouvait pas leur en vouloir, ils s’étaient engagés en temps de paix, pas pour faire la guerre. L’administrateur s’avança sur l’estrade et lentement les conversations se turent pour laisser place au silence. “Bonjour. Je vous remercie de vous être réunis en ce jour de mémoire, en ce jour de souvenir. Souvenir de ceux qui nous ont quittés voilà bientôt un mois. Souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour sauver nos vies.” Mikaël était plongé dans ses pensées. Les communications n’avaient toujours pas été rétablies, et cela faisait maintenant trois semaines qu’il avait envoyé une lettre à son état major pour leur transmettre son rapport et demander des ordres. Chaque jour il sentait le poids des responsabilités qui lui étaient tombées dessus. Il espérait qu’il serait digne de la réputation de son père, ancien officier de
la FDS. Il devait maintenant remplacer Dan à la tête de cette bande de fous furieux. Bien sûr il avait déjà eu une escadrille sous son commandement. Mais cette fois c’était différent, ils allaient bientôt partir pour la guerre. Et il ne savait pas s’il serait capable de ramener tous ses ailiers, ses amis, à la maison. 

“Cette terrible tragédie nous a tous blessés au plus profond de nous même. Elle nous à blessé parce que notre station, notre foyer, a failli être détruite par cette terrible attaque. Mais plus encore, cette blessure nous la portons dans nos chairs pour certains d’entre nous et nos cœurs pleurent encore les proches que nous avons perdus.” Sean se devait bien de l’avouer, il avait peur. Il avait déjà connu le combat, la guerre même contre de grosses organisations de piraterie. La cicatrice qui barrait son visage lui rappelait chaque jour ce qu’était la guerre. Il ne voulait pas y retourner, il aurait pu ne pas y retourner. Il avait quatre vingt sept ans, l’age de la retraite étant quatre vingt dix ans, il estimait avoir fait son temps en première ligne et un poste d’instructeur lui aurait été accordé. Mais il ne pouvait se résoudre à abandonner son escadrille. Même si ces jeunots étaient de vrais casses pieds, ils étaient sa famille et pour rien au monde il les laisserait partir sans lui. “Car chacun doit savoir que sa souffrance est la souffrance de tous, que personne n’est seul. En ce jour funeste je voudrais également rendre hommage à tous ceux qui ont souffert et se son sacrifiés lors de cette tragédie. Je veux bien sûr parler des pompiers et des policiers de la station qui au péril de leur vie, et pour nombre d’entre eux au prix de leur vie, ont tout donné pour sauver des innocents.” Jack avait attendu ça toute sa vie : partir au combat, sentir l’adrénaline quand on fait exploser le chasseur de son adversaire, se jeter entre les rayons d’un destroyer ou même d’un croiseur. En plus, ses ennemis allaient être des Ofitans. Il allait pouvoir montrer à ces bestioles que les humains étaient les plus forts, les plus intelligents. Tout simplement qu’ils étaient supérieurs. Cow Boy comptait bien prendre sa part sur les armées ofitanes. Il regrettait presque de ne pas être dans l’infanterie et de ne pas pouvoir les regarder dans les yeux en les tuant. “Mais je pense aussi à d’autres héros, les pilotes de l’escadrille des Parias. Grâce à leur courage et leur dévouement, ils nous ont sauvés. Ils se sont attaqués à nos ennemis malgré la différence de puissance de feu. Mais dans cette terrible lutte, ils ont eux aussi subi des pertes. Le Major Daniel Jackowsky, les lieutenants Cécyl Di Ranato et Howard Rungulch ont donné leurs vies pour sauver les nôtres.” Prishka ne pouvait s’empêcher de penser à la scène qui s’était déroulée devant ses yeux. Elle revoyait sans cesse les explosions où Dan, Molly et Rungulch avaient trouvé la mort. Eux qui étaient pleins de vie, il avait suffit d’une fraction de seconde pour qu’ils meurent. Ils allaient bientôt partir pour d’autres combats et d’autres des ses amis allaient être en danger. Elle avait peur, peur de perdre ses amis, peur de mourir. “Et jamais cette station n’oubliera le sacrifice ultime que ces braves ont consenti pour la sauver. 

Vous n’êtes pas sans savoir qu’une guerre se déroule désormais dans notre galaxie. Cette guerre nécessitera de grandes ressources et bien des installations minières n’ont pas eu autant de chance que la notre. C’est pourquoi nous allons très vite être mis à contribution pour fournir les minerais nécessaires à la construction de vaisseaux de guerre.’’ La guerre, ce mot hantait Tawara depuis l’attaque. Elle ne voulait pas y aller. Surtout faire la guerre contre les Ofitans. Elle avait tellement cru que les êtres vivants de cette galaxie pourraient vivre ensemble. Elle avait des amis Ofitans, elle les avait rencontrés lorsqu’elle accompagnait son père aux séances du Conseil. Elle savait qu’ils n’étaient pas si différents et qu’ils pouvaient cohabiter. Elle regrettait tellement d’en arriver là. Des larmes coulèrent sur son visage. Trop d’innocents, Humains comme Ofitans, allaient bientôt mourir. Elle ne pouvait pas supporter le fait de tuer à nouveau, mais cette guerre était inévitable et elle serait sur place pour essayer de sauver le plus d’innocents possible. “Je compte donc sur vous tous pour donner le meilleur de vous afin de panser les blessures de la station. Car c’est ainsi que nous rendrons le meilleur hommage à tous ceux qui sont mort ou se sont sacrifiés lors de l’agression dont nous avons été victimes.” La foule se mit à applaudir pendant de longues minutes. Puis l’Administrateur leva la main pour réinstaurer le silence. “Respectons maintenant une minute de silence en mémoire de nos disparus…” 

  ***  

  Les pilotes restèrent silencieux dans la rame de TCS qui les ramena à leur hôtel, chacun suivant le cour de ses pensées. Lorsqu’ils arrivèrent au Régence, ils aperçurent au bar un homme en combinaison de vol. Corsaire se dirigea vers le nouveau venu suivi de ses compagnons. Le pilote termina son verre puis se leva au garde-à-vous. ‘’ Enseigne Volstok, se présenta le pilote en saluant. Major Lodael ? _ Repos garçon, fit Mikaël en lui rendant négligemment son salut. 

_ Je vous apporte un message de la part de l’amirauté Monsieur. 

_ Merci.’’

Le jeune homme remit une lettre à Mikaël, ce dernier fit prestement sauter le cachet et parcouru la courte missive. Puis il la tendit à Isatis en se tournant vers ses subordonnés. ‘’Ok les enfants, les affaires reprennent. Je suis nommé au commandement de l’escadrille, Prishka me secondera. On part pour la Terre au plus vite pour compléter l’escadrille et toucher de nouveaux appareils. Faites vos bagages, on part dès que possible.  _ On prend même pas le temps de fêter les promotions, s’étonna Jack. 

_ On aura tout loisir de le faire sur Terre. 

_ Et nos appareils, demanda L’Ancien, on les laisse là ? 

_ Apparemment oui, on va en avoir des tout neufs, alors ne te plains pas.’’ Puis il se tourna vers l’enseigne. ‘’ Désolé que vous ne puissiez vous poser un peu plus longtemps Volstok, mais comme d’hab’ les galonnés veulent qu’on ait finit le boulot avant de l’avoir commencé. _ Pas de problème Major, à la guerre comme à la guerre. On s’est posés dans le dock 34RE5, je retourne préparer le décollage.’’ Le jeune homme salua et tourna les talons. Corsaire le regarda sortir puis murmura dans un soupir : ‘’ Ouais… A la guerre comme à la guerre.’’ A la suite de quoi il remonta dans sa suite pour se préparer.   Les Parias se retrouvèrent presque deux heures plus tard auprès de la navette. Ils avaient revêtu leurs combinaisons de vol et leurs casques étaient accrochés à leur ceinture. Chacun portait un immense sac de sport visiblement plein à craquer. ‘’ Bon sang ! s’exclama Volstok, qu’est ce que vous avez mis là dedans ? Ils sont énormes.

_ Moi j’ai gardé la sortie de bain de l’hôtel, répondit Tawara.  _ La parure de drap était tout simplement magnifique, ajouta Prishka.

_ Et le choix proposé dans le minibar était excellent, dit Jack.

_ Sans oublier nos uniformes neufs, précisa Corsaire souriant.

_ On croit rêver, bougonna Sean portant un sac aussi rempli que les autres. _ Et alors, fit Faërie enjouée. Ton sac n’était pas plein, ça aurait été dommage de ne pas en profiter. 

_ Bon, fit l’enseigne, si vous voulez bien monter à bord, on est prêts à décoller.’’

Les pilotes embarquèrent dans la navette. C’était un Transport Spatial Polyvalent, le plus petit appareil de la flotte capable d’atteindre la croisière, nom donné à la vitesse permettant les voyages longues distances. Les TSP étaient les bonnes à tout faire de la flotte : transport de troupes et de matériel, débarquement planétaire d’infanterie et soutien, remorquage, contrôles douaniers… Cette multitude de missions leur valut le surnom de “mulet”. Ils pouvaient transporter une section d’infanterie ainsi que l’ensemble de leur matériel. De plus les mulets étaient armés de deux lasers frontaux ainsi que sept tourelles réparties sur les flancs, le dos, le ventre et l’arrière de la navette. Les Parias s’installèrent sur les sièges répartis le long de la carlingue. Ce n’est pas sans soulagement que Mikaël posa son sac. Il massa consciencieusement ses phalanges et ne pu réprimer un sourire en pensant que dans un bureau de la station, un certain capitaine de police cherchait deux de ses dents. Volstok rejoignit le poste de pilotage. ‘’ Je vous présente Saraji, dit-il, mon copilote.’’ L’intéressé se retourna et fit un signe de la main à ses passagers. Puis le pilote reprit : ‘’ Mesdemoiselles et Messieurs, bienvenue à bord de ce vol de FDS Airways. Je vous prie de bien vouloir éteindre vos cigarettes et boucler vos ceintures tant que nous serons dans le champ gravifique de la station. Nous arriverons sur Terre dans deux semaines environ.

_ Heureusement que la navette est aménagée tout confort, remarqua Tawara en montrant le coin toilette à l’arrière.

_ Moi c’que je crains, dit Jack, c’est tes ronflements.  _ Cow Boy ? 

_ Oui ? 

_ Ferme-la ! 

_ Je sens que ce voyage va être long, dit Sean.’’ 

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Auteur:

Falc'hun


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